Trois tendances qui influenceront le futur du tourisme 

En Valais comme ailleurs, le tourisme est influencé par différentes tendances de fond. Parmi elles, l’hyperconnectivité, les voyageurs qui sont de plus en plus souvent seuls, et ceux qui mélangent travail et tourisme. Sans oublier la quête d’authenticité. Les prestataires doivent se préparer à surfer sur ces tendances, à l’aide de la digitalisation ou alors grâce à l’art de l’accueil et à l’intégration des populations locales. Tels sont les principaux constats dressés par Christiane Varga, sociologue auprès du Wiener Zukunftsinstitut. Cette dernière s’est exprimée au début juin à Saas-Fee, à l’occasion de la première édition des Journées Digitourism.

La première tendance forte du moment est liée à l’hyperconnectivité de la population. Ainsi, les hôtels se rapprochent de plus en plus de la maison ou du bureau. « Les hôtels sont maintenant aussi utilisés pour travailler, et pas uniquement pour regarder ses e-mails durant ses vacances ». Ces nouveaux types de vie génèrent de nouveaux types de voyages et il n’existe désormais plus de lieux où il n’y a que des voyageurs ou que des travailleurs.

Par ailleurs, le nombre de célibataires (ou de personnes divorcées) est en augmentation. Le nombre de personnes qui voyagent seules est également en hausse, et parmi elles, il y a de plus en plus de femmes. « Du coup, les prestataires touristiques doivent s’adapter. Par exemple, les femmes aiment bien voyager seules, mais n’aiment pas manger seules au restaurant ». Du coup, il y a une place à prendre afin de connecter les femmes qui voyagent seules. Une application, baptisée Tourlina, a ainsi été créée spécialement pour ce besoin de connexion.  

« Grâce à la digitalisation, on peut mieux prendre en compte des besoins individuels et les besoins précis sur place, pour mieux mettre les gens en lien », selon Christiane Varga.

 

Le « bleisure », de plus en plus demandé et encouragé par les employeurs
Le bleisure (contraction de Business et Leisure) est la seconde tendance forte en lien avec la digitalisation du tourisme. « Les voyageurs restent parfois plusieurs mois au même endroit, et avec le recours plus fréquent au télétravail, les entreprises soutiennent cette tendance ». Ce principe de co-working va être démocratisé à terme, selon la sociologue.

La start-up Go remotical, basée à Berlin, a ainsi bien compris cet enjeu. Elle fournit des prestations complètes pour des personnes et des entreprises qui n’ont jamais fait de travail à distance. « La start-up s’occupe de tout organiser pour les travailleurs-visiteurs, par exemple dans les îles Canaries. C’est aussi une façon de rendre le tourisme plus durable dans les régions, avec des séjours plus longs ». Le tourisme est ainsi davantage interconnecté avec les populations locales. « Cette tendance change les exigences pour les logements. Il ne faut pas que deux prises de plus, mais des espaces où l’on peut bien travailler ». Il est aussi important de regarder la mobilité et les activités outdoor dans la région où la personne s’installe. « Pour les destinations, il s’agit aussi de s’intéresser à la sécurité des données, importante pour les entreprises dont les salariés sont délocalisés ».

Vers un tourisme de résonance
La troisième tendance n’est autre que le tourisme de résonance. « Le monde est, certes, plus numérique, mais le besoin de résonance est plus important ». Mais qu’est-ce que la résonnance ? « C’est lorsqu’une personne, un paysage ou une idée résonne en nous et nous dynamise, nous stimule », précise Christiane Varga. Il s’agit donc, pour les prestataires touristiques, de faire comprendre aux voyageurs qu’ils sont perçus comme humains et non pas comme touristes. « Cela passe par l’accueil, l’hospitalité. Et l’art de l’accueil ne peut pas être digitalisé ». Selon Christiane Varga, certaines régions valaisannes, dont Saas-Fee, sont bien préparées à cette résonance, en misant sur les traditions, et pas uniquement sur les innovations.

Il est donc très important de pouvoir trouver des coopérations à l’interne et l’externe de la branche touristique, pour développer de nouvelles idées. « Le futur, c’est mettre en lien des initiatives existantes, tout en intégrant la population locale. Il faut une vision commune dans la société et les destinations, pour dessiner pour un tourisme plus durable », conclut Christiane Varga.

 

Propos recueillis le 2 juin 2022 à Saas-Fee

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